Suivi écologique : comprendre l’évolution des milieux

Biodiversité et restauration écologique : un enjeu central des projets

La question de la biodiversité est au cœur de chacun de nos projets.

La diversité des espèces de faune et de flore présentes sur un site est à la fois :

  • un indicateur de qualité écologique,
  • et une condition essentielle au bon fonctionnement des milieux naturels.

Elle garantit également résilience optimale face aux changements actuels.

Des suivis écologiques intégrés à chaque projet

Chaque projet est conçu sur la base d’une étude de la faune et de la flore présente, afin d’adapter au mieux le futur site aux espèces susceptibles de s’y installer.  

Un suivi sur le temps long

Après les travaux, les suivis écologiques se poursuivent généralement sur une période d’environ dix ans.

Ce suivi dans la durée permet de documenter la cicatrisation et l’évolution des milieux restaurés.

Les données collectées sont essentielles pour :

  • évaluer la réussite des travaux
  • identifier leurs points forts et les limites
  • améliorer la conception des futurs projets
  • adapter au besoin la gestion des sites concernés

Un suivi expert

Ce travail est en général confié à des écologues naturalistes, dont le métier est l’inventaire et le suivi d’espèces sur le terrain.

La plupart sont spécialisés dans des groupes d’espèces comme :

  • la botanique
  • les oiseaux
  • les chauves-souris
  • les amphibiens 
Cette expertise permet permet une grande précision et une analyse fine.

Indépendants du syndicat, ils apportent également un regard extérieur précieux sur les projets et leur évolution après travaux.

Parole d’expert : suivi écologique post-travaux

Quel rôle jouent les experts ?

Nous réalisons des suivis écologiques à la suite des travaux de restauration menés par Reyssouze et Affluents.

L’objectif de l’étude est double :

  • vérifier que les travaux n’ont pas d’impact négatif sur les milieux notamment concernant l’apparition d’espèces exotiques envahissantes
  • mesurer la plus-value écologique des travaux pour la biodiversité.

Il s’agit d’identifier les nouveaux milieux créés et les espèces qui les colonisent.

Pour cela nous allons régulièrement sur les sites à des périodes adaptées aux espèces étudiées.

Dans mon cas, j'étudie la flore donc j'interviens surtout au printemps et en été.

Mes collègues qui étudient les chauve-souris, les oiseaux et les insectes interviennent sur une période plus large, du début du printemps à la fin de l'automne car les cortèges varient beaucoup en fonction de la saison

Hugo PAPERIN CARILLO

Ecologue Naturaliste - expert botaniste

La biodiversité, un indicateur de réussite ?

La restauration d’un milieu, et en particulier d’un cours d’eau, vise à retrouver une diversité de fonctionnalités.

Cette notion de diversité est fondamentale car c’est elle qui permet à de nombreuses espèces de s’installer.

Un milieu dégradé est par définition pauvre en capacité d’accueil pour les espèces, on parle de notion de niche écologique. Si l’on prend l’exemple extrême d’une rivière canalisée qui coule droit au milieu d’une prairie, le nombre de niches écologiques est très limitée donc peu d’espèces différentes vont pouvoir s’installer.

En revanche si vous restaurez cette rivière en la faisant reméandrer et en plantant des arbres et des arbustes sur ses rives vous allez créer de nombreuses nouvelles niches écologiques qui vont pouvoir accueillir de nouvelles espèces : 

  • des oiseaux vont nidifier dans les arbres
  • des chauve-souris vont chasser le long du ruisseau
  • des plantes vont s’installer sur les berges exondées en été.

Voilà pourquoi mesurer la biodiversité après travaux et la comparer à des observations avant travaux présente un réel intérêt pour évaluer la plus-value d’un chantier de restauration. 

Une des observations marquantes sur le terrain est que les milieux sont très rapidement colonisés, notamment par les insectes.

Pour la végétation, la colonisation est également rapide mais si les travaux sont mal pensés des espèces indésirables peuvent s'installer. En revanche avec un semis et des plantations d'espèces adaptées au milieu créé, une dynamique positive peut être enclenchée et des végétations de qualité peuvent rapidement s'installer.

Hugo PAPERIN CARILLO

Ecologue Naturaliste - expert botaniste

Comment s’articule votre expertise dans ces études ?

En tant que spécialiste d’un groupe (les plantes pour ma part) je suis habitué à évaluer un cortège. Sur le terrain je vais lister l’ensemble des espèces que j’observe et cette information va me donner des indications sur les conditions environnementales. L’état du milieu va ensuite être comparé aux objectifs du chantier pour évaluer un degré de réussite du projet.

Il existe des protocoles standardisés selon les besoins. Par exemple si l’on souhaite restaurer une prairie humide on va vérifier si les espèces présentes tolèrent un sol gorgé d’eau. Si c’est le cas alors le chantier est un succès car seules les espèces de zone humide sont présentes : les travaux ont permis d’obtenir un engorgement du sol suffisant et tout le cortège d’espèces de zones humides va pouvoir s’installer.  

L’évolution de la végétation après travaux est extrêmement variable et dépend de plusieurs facteurs. Déjà il est important de définir des objectifs et de mettre en place une gestion en fonction.

Spontanément une prairie se ferme, des buissons s’installent puis des arbres et en quelques dizaines d’années une forêt s’est installée. Il est donc inutile de recréer une prairie humide si on n’a pas une solution de gestion durable derrière.

L’idéal est souvent de s’associer avec un éleveur : la pâture et la fauche restent les meilleurs moyens de maintenir des milieux ouverts. Quand cette solution n’existe pas on peut mettre en place une gestion conservatoire où l’on fait appel à un prestataire. C’est une opération plus couteuse mais seul l’enjeu écologique est pris en compte ce qui en fait une solution intéressante pour les milieux les plus rares ou les plus sensibles.

Pour les milieux forestiers il n’y a pas cette problématique : une forêt peut se renouveler seule, elle n’a pas besoin d’intervention humaine pour être un écosystème fonctionnel. Une fois que le fonctionnement à long terme est garanti il faut s’assurer que la végétation s’installe dans les meilleures conditions. Cela peut passer par la préparation du sol ou le semis de plantes adaptées.

L’objectif est en général de limiter au maximum la présence de sol nu qui favorise l’installation d’adventices, les fameuses « mauvaises herbes » des cultures. La plantation d’arbres et d’arbustes peut également accélérer l’implantation d’une végétation haute qui mettrait sinon plusieurs années à s’installer. Dès l’installation des premières espèces végétales, qu’on appelle pionnières, la faune va rapidement coloniser ces nouveaux milieux et au fur et à mesure que la végétation va s’étoffer et se diversifier, de nouvelles niches écologiques vont se créer, permettant d’accueillir de nouvelles espèces.

C’est ainsi que fonctionne un écosystème : chaque espèce en s’installant modifie plus ou moins le milieu, ce qui peut créer la place pour une nouvelle espèce dans un cercle vertueux. 

Suivre l’adaptation de la faune locale : un exemple concret

L’aménagement des ponts dans le cadre de l’étude sur la trame turquoise constitue un exemple concret du suivi d’adaptation de la faune.

Après l’installation de passages à faune sur plusieurs ouvrages en périphérie de Bourg-en-Bresse, des dispositifs de suivi, notamment des pièges photographiques, ont été mis en place afin d’observer la fréquentation effective de ces aménagements.

Renard
Chat sauvage
Couleuvre
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Ces données permettent de vérifier l’usage réel des aménagements par la faune locale et de mieux comprendre la manière dont les espèces s’approprient ces nouveaux corridors écologiques entre les massifs forestiers.

Dans cette continuité, des pièges photographiques ont été réinstallés sur d’autres ponts afin de suivre la fréquentation de ces nouvelles passerelles et d’identifier les espèces utilisatrices.

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