Suivi de la température de l’eau sur le bassin versant de la Reyssouze

Un réseau de suivi thermique étendu sur l’ensemble du bassin versant

Surveiller la température de nos rivières est un enjeu majeur. Depuis 2023, le Syndicat Reyssouze et Affluents déploie un suivi thermique continu sur l’ensemble de la Reyssouze et de ses affluents.

Dans le cadre de son réseau de suivi qualitatif des eaux superficielles, a été réalisé un suivi thermique en continu sur la Reyssouze et ses affluents au cours des années hydrologiques 2023–2024 et 2024–2025.

Déployé sur 28 points de mesure répartis sur l’ensemble du bassin versant, ce dispositif permet d’observer précisément l’évolution de la température des cours d’eau, paramètre essentiel pour caractériser leur fonctionnement. Les données collectées entre le 1er septembre 2023 et le 31 août 2025 ont été contrôlées, qualifiées et analysées selon des protocoles reconnus, afin de produire un état des lieux rigoureux et fiable.

Ce travail constitue une photographie détaillée de la thermie des eaux superficielles du territoire sur deux années complètes.

Pourquoi mesurer la température de l’eau ?​

La température de l’eau est un indicateur essentiel de la santé des cours d’eau.
Elle influence directement :

  • la vie aquatique (poissons, invertébrés, végétation),

  • la qualité de l’eau,

  • la sensibilité des rivières aux sécheresses et aux canicules.

C’est pourquoi Reyssouze et Affluents suit en continu la température de l’eau sur l’ensemble du bassin versant, de l’amont jusqu’à l’aval.

Entre 2023 et 2025, près de 30 points de mesure ont été suivis sur la Reyssouze et ses principaux affluents (Jugnon, Salençon, Reyssouzet, Vallière…).

De petites sondes, installées directement dans les cours d’eau, enregistrent la température heure par heure, tout au long de l’année.
Ces données permettent d’observer :

  • les variations saisonnières,
  • les effets des fortes chaleurs,
  • l’influence des aménagements humains,
  • l’impact du manque d’eau en été.

Chiffres clés

points de mesure
0
de suivi continu
0 ans
entre chaque mesure
0 h
observés lors des pics estivaux
0 °C

Comment ces mesures sont installées ?

Découvrez en images comment les sondes thermiques sont installées dans nos cours d’eau pour suivre la température en continu. 

Ces relevés permettent de mesurer avec précision le fonctionnement thermique du bassin versant et alimentent ce bilan 2023–2025.

Présentation de l’installation d’une sonde à la source de la Reyssouze

Des rivières très différentes selon les secteurs

Analyse par saison hydrologique

Une année hydrologique est la période de 12 mois utilisée pour suivre le cycle de l’eau, en France du 1er octobre au 30 septembre de l’année suivante. Elle sert à mesurer les précipitations, les débits des rivières et à comparer les années entre elles pour mieux gérer l’eau.

Pourquoi cette temporalité ?​

En France, l’année hydrologique commence le 1er octobre et se termine le 30 septembre pour une raison très pratique : elle suit mieux le cycle naturel de l’eau.

  • Les mois d’été (juillet‑août) sont souvent secs et les cours d’eau ont leur plus faible débit.

  • Les pluies commencent surtout en automne (à partir de septembre‑octobre) et les rivières se remplissent progressivement.

En commençant en octobre, on capture tout le cycle annuel des précipitations et des écoulements, ce qui permet aux hydrologues de :

  1. Éviter de couper une période humide ou sèche en deux années différentes.

  2. Comparer les années entre elles de façon cohérente.

  3. Planifier la gestion de l’eau (barrages, nappes phréatiques, irrigation) sur un cycle complet.

Saison 2023–2024

La température moyenne des eaux du bassin versant s’établit à 13,27 °C, avec un écart-type de 4,76 °C.


Les extrêmes observés sont de 1,87 °C (Leschère à La Tranclière) et 28,75 °C (Salençon à Malafretaz).

La température moyenne est de 12,97 °C, avec un écart-type de 5,02 °C.


Les extrêmes observés sont de 1,3 °C (Jugnon à Viriat) et 31,03 °C (Reyssouze à Cras-sur-Reyssouze).

Des étés sous surveillances

Les étés 2023, 2024 et 2025 ont confirmé une tendance claire :

  • des températures élevées plus fréquentes,
  • des périodes de réchauffement plus longues,
  • des assecs sur certains petits cours d’eau.

Quand l’eau se réchauffe trop, les poissons et autres organismes aquatiques sont mis en difficulté, surtout si l’oxygène vient à manquer.

Quelle température de l'eau à la source de la Reyssouze ?

  • En amont : une eau plus fraîche et plus stable

À proximité des sources, comme à Journans, la température de l’eau reste remarquablement stable tout au long de l’année, autour de 11–12 °C.
Ces secteurs jouent un rôle clé de refuge thermique pour la faune aquatique.

En aval et en plaine : une eau plus sensible aux chaleurs

Plus on descend dans le bassin versant, plus les cours d’eau deviennent :

  • sensibles aux températures de l’air,
  • influencés par le manque d’ombre,
  • vulnérables lors des étiages estivaux.

En été, certaines stations dépassent régulièrement 25 °C, voire 28–30 °C lors des épisodes de forte chaleur.

Un indicateur clé pour un réseau de mesure structurée

Référence aux seuils européens

La température fait partie des paramètres pris en compte pour l’évaluation de l’état écologique des masses d’eau dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau.

Sur les deux années étudiées, six stations ont présenté un état moyen à mauvais pour une durée cumulée de 1 989 heures. Les stations les plus concernées sont situées sur la Reyssouze à Cras-sur-Reyssouze, la Reyssouze à Servignat, le Salençon à Malafretaz et le Bief d’Augiors.

Malgré plusieurs installations, retraits et ajustements de stations sur la période, la disponibilité globale des données est jugée bonne. C’est à dire, cohérent avec les résultats observés à l’échelle nationale.

Les relevés sont effectués de manière trimestrielle. Chaque campagne comprend la récupération des données, la vérification de la calibration des capteurs, le contrôle de l’heure d’enregistrement et la vérification du bon fonctionnement des équipements.

Qu'est-ce que l'état écologique ?

Une résultante de l’ensemble des éléments de qualité physicochimiques (bilan de l'oxygène, température, nutriments, acidification, polluants spécifiques) et biologiques (invertébrés benthiques, diatomées, macrophytes, poissons). Agence de l'eau

Et la Directive Cadre de l'Eau ?

La DCE est une loi européenne qui vise à protéger toutes les eaux (rivières, lacs, nappes souterraines, eaux côtières) et à atteindre un bon état écologique et chimique. Elle impose aux pays de gérer l’eau par bassins versants, de prévenir la pollution et d’associer le public à la gestion de l’eau.

Une action inscrite dans la durée​​

La poursuite et le développement du réseau de suivi thermique permettront de consolider les séries de données, d’alimenter les bases nationales en cours de déploiement et de contribuer aux outils d’aide à la décision, notamment en période d’étiage (basse eau).

Ce suivi s’inscrit dans une volonté de connaissance continue du territoire et d’amélioration progressive des outils d’observation.

Télécharger le rapport complet
Partenaires techniques et financiers

Partenaires financiers :

  • Agence de l’eau RMC
  • Reyssouze et Affluents

Partenaires techniques :

  • PARATRONIC
  • Aquasys
  • LI-COR

Collectivités partenaires :

  • Département de l’Ain
  • Fédération départementale de pêche de l’Ain

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