Contrat Eau et Climat : un premier café chantier organisé à Courmangoux autour des travaux d’eau potable

Quand un chantier d’eau potable démarre, les habitants voient surtout des barrières, des tranchées ou une circulation perturbée. Pourtant, derrière ces travaux souvent méconnus se cachent des infrastructures essentielles au quotidien : des kilomètres de canalisations qui permettent d’acheminer l’eau potable jusqu’aux habitations depuis la source.

À Chevignat, sur la commune de Courmangoux, le renouvellement du réseau d’eau potable de la RD52 a été l’occasion d’ouvrir le chantier aux habitants à travers un « café chantier » organisé le lundi 18 mai dans le cadre du Contrat Eau & Climat Grand Bourg Reyssouze.

Déjà utilisé autour des projets de rivière et de milieux aquatiques, ce format de rencontre de terrain a été décliné pour les travaux d’eau potable en partenariat avec le Syndicat d’Eau Potable Bresse Suran Revermont (BSR).

L’idée est de permettre aux habitants, riverains et usagers de venir échanger directement avec les équipes présentes sur le chantier pour mieux comprendre :

  • pourquoi les travaux sont réalisés
  • comment fonctionne un réseau d’eau potable
  • quelles sont les contraintes techniques rencontrées

 

Dans une ambiance conviviale et accessible, ce temps d’échange a permis de parler concrètement de l’eau, de son acheminement, du vieillissement des réseaux mais aussi des enjeux d’adaptation au changement climatique.

Photo du café chantier du 18 mai 2026 à Chevignat – @CEC

Un chantier essentiel mais souvent invisible

Les travaux actuellement réalisés à Chevignat concernent le renouvellement de 190 mètres de canalisation ainsi que la reprise de huit branchements.

Le réseau existant, installé dans les années 1950, était devenu particulièrement fragile. Son remplacement permet aujourd’hui de sécuriser durablement l’alimentation en eau potable du secteur avant les futurs travaux de rénovation de la voirie prévus en 2027.

L’eau distribuée sur ce secteur provient de la ressource de Conflans, située à Corveissiat, à près de 30 kilomètres de Courmangoux.

Un détail qui surprend les habitants et qui rappelle la complexité des infrastructures nécessaires pour garantir une eau potable de qualité à l’échelle du territoire.

Les questions posées par les habitants

Ce café chantier a également été l’occasion de répondre aux nombreuses interrogations des habitants sur les réseaux d’eau potable et les travaux en cours. Voici un résumé des échanges qui ont eu lieu lors de ce Café Chantier : 

De quand dataient les anciennes canalisations ?

Les anciennes canalisations, en ciment, avaient été installées dans les années 1950.

Leur durée de vie est estimée entre 50 et 70 ans. Avec le temps, ces réseaux deviennent plus fragiles et plus sensibles aux casses.

Les nouvelles canalisations sont réalisées en fonte ductile.

Ce matériau est particulièrement adapté au transport de l’eau potable grâce à sa résistance mécanique, sa durabilité et ses qualités sanitaires.

Les conduites sont également posées dans des conditions techniques précises :

  • profondeur hors gel, (environ 1 mètre)
  • lit de sable
  • grillage avertisseur
  • protections adaptées au terrain

En France, les anciennes canalisations sont généralement laissées en place après leur remplacement.

Lorsqu’une consommation anormale est détectée sur le réseau, des recherches ciblées sont engagées par le délégataire afin de localiser précisément la fuite et d’intervenir rapidement.

Ces opérations s’appuient sur différents outils de surveillance et d’écoute des canalisations.

Par qui ces travaux sont-ils financés ?

Dans le cas particulier du chantier de Chevignat, les travaux sont financés à 100 % par le Syndicat Bresse Suran Revermont grâce au produit de la vente d’eau.

En 2026, le prix de l’eau s’élève à 2,80 € TTC par m³, dont 1,22 € HT correspondent à la part syndicale.

Concrètement, il faut vendre environ 80 000 m³ d’eau pour financer une opération comme celle-ci.

Partenaires techniques et financiers

Maître d’ouvrage : Syndicat Bresse Suran Revermont

Maître d’œuvre : Michel Béraudier, ingénieur du syndicat

Exploitant du réseau : Suez Eau France

Entreprise de travaux : VINCENT TP (01 Champdor) 

 À l’échelle du territoire, les investissements sont également soutenus par des subventions de l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse ainsi que des départements de l’Ain et du Jura.

Dans le cadre du Contrat Eau & Climat 2026-2028, l’Agence de l’Eau apporte ainsi un financement de 2 millions d’euros pour accompagner les actions engagées sur le territoire.

Partenaires techniques et financiers du Contrat Eau et Climat Grand Bourg Reyssouze :

Rendre visible l’eau invisible

Cette démarche s’inscrit pleinement dans les ambitions du Contrat Eau & Climat 2026-2028, qui prévoit le développement d’actions de sensibilisation et de mobilisation citoyenne afin de mieux faire comprendre les enjeux liés au cycle de l’eau sur le territoire.

Un format pour mieux comprendre les enjeux de l’eau

À travers ces cafés chantiers, l’objectif est aussi de rendre visibles des infrastructures souvent oubliées alors qu’elles représentent un enjeu majeur pour le territoire. Entre renouvellement des réseaux, sécurisation de la ressource, sobriété et adaptation au changement climatique, les enjeux liés à l’eau nécessitent aujourd’hui davantage de dialogue, de pédagogie et de proximité avec les habitants.

Partenaires techniques et financiers du Contrat Eau et Climat Grand Bourg Reyssouze :

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