70 ans : Pourquoi la Reyssouze ne tarit jamais ?

Le 25 avril 1956, une ambition naissait : unir les communes de notre bassin pour prendre soin de la Reyssouze. Aujourd’hui, 70 ans plus tard, notre syndicat est devenu le visage de la solidarité entre l’homme et sa rivière. 

Parce qu’un tel anniversaire ne se fête pas en un jour, nous avons décidé de vous raconter notre épopée tout au long de ce printemps et de cet été. Chaque mois, de juin à juillet, plongez dans un nouvel épisode de notre saga : de nos racines légendaires à nos défis climatiques, des visages qui nous ont guidés à l’évolution de nos métiers. Bienvenue dans ce voyage au cœur de la Bresse.

La légende du Diable et de la source de Journans

Tout commence au pied du Revermont, à la source de type vauclusien de Journans. Ce petit bassin circulaire, d’une fraîcheur absolue, cache une légende bien connue des anciens, où se mêlent avarice et… besoin pressant. 

On raconte qu’une vieille femme du village, nommée Reyssouze, fit un pacte avec le Diable. Le Malin lui promit que ce qu’elle ferait à minuit pile, elle le ferait pour le reste de sa vie. Cupide, elle décida de compter ses écus une heure à l’avance pour être sûre de passer le restant de ses jours à brasser de l’or. 

Mais la nature est facétieuse. À quelques secondes du douzième coup de minuit, une envie pressante la saisit. Elle eut beau se tortiller, rien n’y fit : à minuit pile, elle s’épancha « comme une fontaine ». Le Diable, fidèle à sa parole, la changea en source. 

Voilà pourquoi, depuis ce temps-là, la Reyssouze coule sans jamais s’arrêter ! Une anecdote à raconter lors de votre prochaine promenade au lavoir aux charpentes jumelles. 

La source à Journans

"Resosia", la rivière aux talus

Saviez-vous que le nom de notre rivière cache peut-être son propre paysage ? Si l'origine exacte reste un mystère pour les historiens, une piste passionnante nous ramène au Xème siècle. On l'appelait alors Resosia ou Resciosa. Selon les linguistes A.-M. Vurpa et C. Michel, ce nom viendrait du mot roman riscia (parent du gaulois rusca, l'écorce), qui a donné en patois bressan le mot « rasse ». Une rasse, c'est cette corbeille, mais c'est aussi le nom que l'on donnait aux talus. La Reyssouze serait donc, littéralement, la « rivière bordée de talus ». Une description qui colle parfaitement à ce cours d'eau qui a patiemment creusé son lit dans la plaine de Bresse.

La Reyssouze : 75 km de caractère, des piémonts du Jura au Val de Saône

Née d'une source karstique (qui resurgit après un parcours souterrain dans le calcaire), la Reyssouze est une exception géographique : c'est la plus longue rivière du département de l'Ain qu’elle parcourt intégralement, de sa source à sa confluence, et uniquement chez les Aindinois. Son parcours est un véritable voyage : Elle naît paisiblement à Journans, dans le Revermont. Elle serpente vers le nord puis l'ouest, dessinant les paysages de la Bresse. Au passage, elle s'invite au cœur de Bourg-en-Bresse, où elle a longtemps rythmé la vie urbaine. Puis elle finit sa course après 75 km d'efforts en se jetant dans la Saône, entre Pont-de-Vaux et la commune de Reyssouze.

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