70 ans : Quand la Reyssouze avait « les mains dans le cuir »
Édito – 70 ans d’histoire(s)
Le 25 avril 1956, une ambition naissait : unir les communes de notre bassin pour prendre soin de la Reyssouze. Aujourd’hui, 70 ans plus tard, notre syndicat est devenu le visage de la solidarité entre l’homme et sa rivière.
Parce qu’un tel anniversaire ne se fête pas en un jour, nous avons décidé de vous raconter notre épopée tout au long de ce printemps et de cet été. Chaque mois, d’avril à juillet, plongez dans un nouvel épisode de notre saga : de nos racines légendaires à nos défis climatiques, des visages qui nous ont guidés à l’évolution de nos métiers. Bienvenue dans ce voyage au cœur de la Bresse.
Des tanneries aux promenades : l’histoire d’un quai
Si vous vous promenez aujourd’hui sur le quai Groboz, entre le boulevard de Brou et le passage des Tanneries, le calme règne dans ce quartier proche du centre-ville de Bourg-en-Bresse. Pourtant, au XVIIIe siècle et jusqu’aux années 1840, l’ambiance y était tout autre : bruits de maillets, eaux colorées et surtout… effluves nauséabonds ! Ces odeurs fortes étaient d’ailleurs si peu appréciées des Bressans qu’elles ont longtemps fait refluer les habitations loin des rives. La Reyssouze était alors l’outil de travail principal d’une dizaine de tanneries.
Pourquoi s’installer là ? Le tannage des peaux demande des quantités d’eau colossales. Cependant, la Reyssouze n’était pas une rivière assez puissante pour traiter les gros cuirs. Sur les quais de Bourg, on ne pratiquait donc que la première phase : le « travail de rivière ». Pour la transformation finale (le corroyage) visant à rendre la peau résistante et souple, les pièces étaient ensuite envoyées chez les tanneurs du Jura.
De la « rivière-industrie » à la « rivière-nature »
Aujourd’hui, les tanneries ont disparu, transformées en habitations ou en résidences modernes. Le passage des Tanneries reste la dernière mention de ce passé. Juste en aval du quai Groboz, au-dessus du petit pont à trois arches (allée de Challes), se trouvait un témoin majeur de la gestion de l’eau : le Moulin des Halles.
Présent dès le Moyen-Âge, il a vu ses roues à palettes remplacer par une turbine en 1905, avant de s’arrêter en 1936. Si son activité nécessitait une réglementation stricte du cours d’eau, le débit de la Reyssouze de l’époque n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Non canalisée, la rivière montait haut, comme en témoigne la hauteur des murets du quai.
Ce moulin a finalement été démoli en 1966 pour laisser place à un immeuble, tandis que le quai Groboz a été aménagé dans les années 1970 pour faciliter l’automobile. Les derniers aménagements de l’allée de Challes acte définitivement le passage d’une rivière industrielle à celle naturelle.


Des lavandières aux soldats : un quai plein de vie
Avant de devenir le havre de paix actuel des pêcheurs et des promeneurs, le quai Groboz était un espace social bouillonnant. Les lavoirs installés le long du quai voyaient défiler quotidiennement les lavandières locales frottant leur linge.
Au tournant des XIXe et XXe siècles, le site a même pris un accent plus militaire, servant de lavoir géant pour une multitude de soldats venus y nettoyer leurs uniformes.

Le saviez-vous ?
Le clin d'œil à ce passé s'est déplacé un peu plus à l'est, avenue Jean-Marie-Verne. C'est là que se trouvait l'usine Le Tanneur, qui fut l'une des plus grandes entreprises de l'agglomération jusqu'à sa fermeture à la fin des années 80. Un héritage gravé dans l'histoire ouvrière locale, et qui donne aujourd'hui son nom à la célèbre salle de musiques actuelles de Bourg : « La Tannerie ».

Vous voulez en savoir plus ?
Retrouvez la série Flow sur les travaux conduits à Bourg-en-Bresse et l'histoire de la Reyssouze dans la ville
Retrouvez tous les épisodes de la Saga :
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